Coronavirus et Changement climatique : Un binôme improbable!

Le COVID-19 a provoqué beaucoup de bouleversements à travers le monde ces derniers mois. Des villes entières se sont coupées du reste du pays, la circulation des trains et avions a pratiquement cessé, les espaces publics sont interdits, les concerts annulés, les stations de ski fermées. Une grande partie de la vie s'est arrêtée, tout comme une grande partie de la production mondiale de gaz à effet de serre.

S'il y a quelque chose de bon à retenir de cette pandémie mondiale de Coronavirus, c'est peut-être que la terre a l'avantage de respirer un peu mieux. Les scientifiques ont déjà vu à quelle vitesse la nature se revitalise et se remet des dommages causés par le changement climatique.

Un article du New York Times établit un lien assez clair entre la pandémie croissante de COVID-19 et le changement climatique mondial: les deux nécessitent "une action rapide et agressive pour minimiser les pertes", a déclaré Kim Cobb, climatologue au Georgia Institute of Technology.

Des scientifiques comme le Dr Cobb avait exhorté les dirigeants mondiaux à agir de manière forte et rapide pour diminuer le réchauffement de la planète. Pourtant, les émissions n'ont fait qu'augmenter et la terre a réagi: une inondation de trois mois dans les Florida Keys, des incendies de forêt en Australie et des vagues de chaleur meurtrières en Europe pour ne citer que que quelques exemples.

Les humains, par nature, ont du mal à se projeter dans l'avenir. Avoir une réflexion psychologique sur le lendemain n'est pas facile pour nous, et la science du climat, qui traite des probabilités futures, est difficile à analyser et difficile à "craindre" pour nous.

Le coronavirus et le changement climatique sont des problèmes actuels. Tous deux ont le potentiel de tuer des êtres humains. Pourtant, il existe une différence majeure en psychologie humaine: les hommes ont du mal à envisager les projections climatiques à 20 ou 30 ans, mais être mis en quarantaine est une réalité austère et effrayante.

Alors que les scientifiques préviennent que la hausse des températures entraînera des des catastrophes extrêmes et des sécheresses intenses, ces avertissements ne contribuent guère à déclencher un changement de politique. Cependant, avec le COVID-19, on nous incite à ne pas quitter nos maisons, à ne pas prendre l'avion, etc...

Alors que les humains ont systématiquement des difficultés à agir contre le réchauffement climatique, et ne sont pas très efficaces dans le contrôle d'une pandémie mondiale, il y a tout de même un avantage involontaire à tout cela: le virus a déjà eu des effets positifs sur la terre et le changement climatique.

En Chine, les usines ont été fermées et les rues ont été nettoyées pour arrêter la propagation du virus. Les gens ont réduit leur activité, sont restés à la maison, le monde s'est quasiment arrêtés et le ciel s'est dégagé.

Selon le ministère chinois de l'écologie et de l'environnement, le nombre moyen de "jours de bonne qualité de l'air" a augmenté de 21,5% en février par rapport à la même période, l'an dernier.

En fait, les images satellites publiées par la NASA et l'Agence spatiale européenne montrent une réduction spectaculaire des émissions de dioxyde d'azote dans les grandes villes chinoises entre janvier et février. Il s'agit des particules émises par les véhicules, les centrales électriques et les installations industrielles. Le nuage de gaz toxique qui était autrefois très visible au-dessus des centrales industrielles a presque disparu.

"C'est la première fois que je constate une baisse aussi spectaculaire, sur une zone aussi large, pour un événement spécifique", explique Fei Liu, chercheur sur la qualité de l'air au Goddard Space Flight Center de la NASA. "Je ne suis pas surpris parce que de nombreuses villes du pays ont pris des mesures pour ralentir la propagation du virus."

Les effets du coronavirus sur le niveau de la pollution en Chine

Même entre le 3 février et le 1er mars, les émissions de dioxyde de carbone ont diminué d'au moins 25% en raison des mesures visant à contenir le virus, selon le Center for Research on Energy and Clean Air (CREA), un organisme de recherche sur la pollution atmosphérique.

Considérant la Chine comme le plus grand pollueur du monde, ces données sont assez notables. Ce pays contribue annuellement à 30% des émissions mondiales de dioxyde de carbone, ainsi l'impact de cette baisse est énorme, même sur une courte période. La CREA estime que ces 30% représentent près de 200 millions de tonnes de dioxyde de carbone, soit plus de la moitié de la totalité des émissions annuelles du Royaume-Uni.

Cette baisse des émissions n'a cependant pas été constatée uniquement en Chine. Alors que l'Italie, comme la Chine, a un nombre malheureusement élevé de cas de coronavirus, sa production de gaz à effet de serre a notablement baissé depuis que le pays tout entier est confiné.

Les eaux des canaux de Venise, habituellement troubles, ont commencé à devenir plus claires. On arrive même à y distinguer des poissons. La NASA admet que des réductions d'émissions similaires sont également notables depuis l'espace au-dessus d'autres pays que la Chine. Une analyse du Washington Post a révélé que la baisse d'émissions la plus spectaculaire a été observée dans le nord de l'Italie.

Les grandes villes américaines ont pris des mesures similaires face au virus alors que de plus en plus de communautés se confinent et imposent une distanciation sociale. New York, San Francisco et Seattle sont parmi les plus durement touchées par le virus, mais aussi celles qui émettent beaucoup de gaz. Jordan Wildish, directeur de projet chez Earth Economics, une organisation environnementale à but non lucratif basée à Tacoma (Washington), a développé un tableau de bord en ligne pour suivre la qualité de l'air dans les 3 villes en comparant les chiffres actuels avec ceux de la même période, l'année dernière.

En seulement cinq jours, San Francisco a connu une baisse de 40% des niveaux de particules par rapport aux niveaux de l'année dernière, à la même période. La ville de New York a connu une baisse de 28% au cours de la même période et Seattle a enregistré une baisse de 32%.  La raison : la mise en place de mesures de confinement pour essayer de lutter contre le virus.

Ces chiffres sont notables et quelque peu encourageants. Voyez ce que quelques jours de changements intenses pourraient faire pour notre environnement!

Mais les experts avertissent que les réductions observées sont temporaires et que les villes, les pays et les économies rebondiront, de même que les émissions, à moins que des changements majeurs dans les infrastructures ou la société ne soient adoptés. En fait, certains pensent qu'une sorte de retour de bâton pourrait se produire une fois que l'activité repartira.

Une fois que la société et le gouvernement chinois seront revenus à une situation "normale", on peut craindre que le pays ne tente de compenser les pertes économiques ce qui aurait à nouveau, un impact négatif sur l'environnement, après cette pause climatique.

"La réduction de la pollution de l'air a été très claire, donc si elle revient, à cause des mesures de relance, à cause de la surcharge de l'industrie pour compenser le temps perdu, il pourrait y avoir une contre-réaction", a déclaré un analyste principal de CREA.

Alors que le monde réagit, s'adapte et apprend de la pandémie mondiale, les communautés auront beaucoup à apprendre de ces derniers mois. Quoi qu'il en soit, cet événement ponctuel et brutal a montré l'effet très direct de notre comportement sur le changement et le réchauffement climatique. Nous en souviendrons-nous lorsque cette pandémie sera terminée?

Nous espérons que ce billet vous aura intéressé et n'hésitez pas à partager vos réactions en commentaires.

Sur un sujet similaire, lisez notre autre billet sur l'impact du COVID-19 sur la prochaine COP26 de Novembre.

Merci - A très vite.
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