Le Covid-19 fera-t-il échouer les pourparlers mondiaux sur le climat?

Nicholas Stern, l'un des plus grands experts mondiaux de la crise climatique, a exhorté Boris Johnson à résister aux appels à reporter la conférence des Nations unies, sur les changements climatiques, prévue en Novembre, malgré l'épidémie de coronavirus.

Les ministres et les responsables ont discuté en privé de la possibilité de reporter les pourparlers de la COP26 prévus à Glasgow en novembre, mais aucune décision n'a encore été prise. Les interdictions de voyager et les fermetures imposées dans de nombreux pays en raison du virus ont entraîné l'annulation des réunions "physiques".

Stern pense que toute décision de reporter les pourparlers mettrait fin à tout espoir de réaliser de réels progrès. "Pour le moment, nous devons simplement continuer la préparation", a-t-il déclaré. "Il s'agit d'un défi tellement urgent et il y a tellement de choses à faire, et tellement de travail précieux déjà fait, que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre notre dynamique."

Lors de la COP26, les pays sont censés proposer des plans plus stricts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, car actuellement, ceux de l'Accord de Paris sont insuffisants. Le Royaume-Uni espérait amener de nombreux pays à la table des négociations, avec la promesse d'atteindre le zéro carbone net d'ici 2050, objectif que le Royaume-Uni a déjà inscrit dans la loi.

Stern a déclaré que, à cause du virus, le travail est devenu plus difficile mais pas impossible. "Le report de la conférence dès maintenant, mettrait effectivement un frein à ces initiatives alors qu'une accélération est nécessaire" a-t-il déclaré.

Stern est soutenu par d'autres anciens diplomates de haut rang tel que Yvo de Boer, ancien chef de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ce dernier qui a dirigé les pourparlers à Copenhague en 2009 a déclaré qu'il était essentiel de continuer à travailler en vue de la COP26 de novembre. "Si elle doit être annulée, cela ne devra être fait qu'à la dernière minute - en octobre", a-t-il déclaré.

Certaines ONG et des experts de pays en développement considèrent également que le report serait contre-productif. Mohamed Adow, directeur de Power Shift Africa et observateur attentif aux pourparlers depuis de nombreuses années, a déclaré: "Nous préférons ne pas la voir annulée avant d'en savoir plus sur la propagation du virus. L'annuler immédiatement pourrait signifier que l'action sur le changement climatique n'est plus d'actualité pour cette année et les personnes en première ligne, dans les pays pauvres, ne peuvent se le permettre."

Janine Felson, vice-présidente de l'Alliance des petits États insulaires, a déclaré: "Nous ne pouvons nous permettre de perdre tout élan. Nous devons tous concentrer nos énergies pour nous assurer que nous pouvons nous soutenir les uns les autres pendant cette période difficile et continuer d'être ambitieux."

Mais certains experts contactés par le Guardian pensent que le report des pourparlers donnerait plus de temps à la diplomatie. John Sauven, directeur exécutif de Greenpeace U.K., a écrit à Alok Sharma, secrétaire aux affaires et président de la COP26, pour l'exhorter à les retarder.

Il a déclaré: "Un report est très différent d'une annulation. Ce serait le même président, le même lieu, les deux mêmes pays co-organisateurs, donc il ne s'agirait que d'un léger retard. Le Royaume-Uni a démarré lentement [en lançant sa stratégie pour accueillir la COP26], donc un report donnerait plus de temps pour se préparer, ce qui serait bénéfique."

Cependant, un des problèmes est que l'élection présidentielle américaine est prévue une semaine avant le début de la COP26. Donald Trump est fermement opposé à l'accord de Paris et son retrait prendra effet le lendemain des élections. Un nouveau président, s'il y en a un, pourrait être plus réceptif à l'action pour le climat mais comme il n'entrerait en fonction qu'en janvier, le report pourrait permettre aux États-Unis de participer.

Paul Bledsoe, conseiller stratégique au Progressive Policy Institute aux États-Unis, a déclaré: "L'avantage d'un report jusqu'au printemps 2021 entraînerait l'espoir grandissant que les électeurs américains préféreront l'ambition climatique de Joe Biden qui insuffle, aux négociations mondiales, une importance et une dynamique bien plus grandes que celles de D.Trump."

Certaines réunions pré-COP sont déjà retardées. La CCNUCC a annulé toutes les réunions du mois prochain mais une décision devra être prise prochainement sur une réunion intermédiaire prévue à Bonn en juin. L'Italie doit co-organiser la COP26 avec le Royaume-Uni, mais ses plans ont été mis à mal par la pandémie du coronavirus.

Le gouvernement britannique a déclaré qu'aucun changement n'est prévu. Un porte-parole a déclaré: "Nous continuons de travailler pour accueillir l'événement à Glasgow en novembre, dans huit mois. Étant donné que la situation évolue rapidement, nous continuons à la scruter très régulièrement."

La CCNUCC a également déclaré que pour le moment, il n'est pas question de report. Toute décision devrait être prise par le Bureau de la COP, composé de représentants élus de divers pays, et impliquerait également le gouvernement chilien, qui présidera techniquement le processus jusqu'à ce que le Royaume-Uni assume officiellement la présidence en novembre.

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Source : The Guardian

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